Les latinistes archéologues en herbe et dans les herbes

A Chateaubleau.  

  Le petit village de Chateaubleau compte 360 habitants aujourd’hui mais c’était une grande bourgade connue sous le nom de La Riobé après la conquête romaine (Ier au IIIè s après J.-C.) :

Pourquoi ?

Aujourd’hui proche de Nangis et de Provins, le site actuel était une agglomération thermale située le long de la Via Agrippa, route antique reliant Milan à Boulogne-sur-Mer via Lyon ; ce bourg comporte de nombreux vestiges,  notamment deux sanctuaires (dont un sanctuaire de sources), plusieurs temples, un théâtre pouvant accueillir 2 000 à 3 000 personnes et trois quartiers d’habitation et d’artisanat. Il est connu des archéologues pour son atelier antique de faux-monnayage et ses tuiles inscrites en langue gauloise, le plus long texte connu aujourd’hui y a été découvert.

  L’archéologue Cyrille Chenaie nous a accueillis sur le site de l’ancien théâtre et c’est en plein air et sous le soleil, assis sur les gradins de l’ancienne cavea…

… que nous avons découvert l’organisation d’un chantier de fouilles, les techniques utilisées pour la prospection, la fouille elle-même, les recherches ensuite confiées à des spécialistes (céramologue, palynologue …) et des objets remarquables trouvés sur le site.

Puis nous sommes allés au sanctuaire de source pour mener une enquête en binômes…

Répondre aux questions est très facile mais se représenter ce que voyaient et vivaient les pèlerins, l’est beaucoup moins. Heureusement il reste les bassins, toujours remplis d’eau, dans lesquels les malades se plongeaient pour guérir certaines maladies, des yeux surtout parce que des ex-votos en forme d’œil ont été retrouvés.

  Mais le plus intéressant était à venir : l’après-midi, nous avons fait des fouilles, en vrai, sur le chantier en cours à Chateaubleau 

yrille Chenaie nous a donné une truelle, un seau pour évacuer la terre, un sac en plastique pour recueillir les objets trouvés. Et là, sous un soleil de plomb (quelle joie après tous ces mois de confinement !), nous avons découvert des ossements,  des clous nombreux (vestiges d’une charpente antique), des fragments de poteries, certains d’entre nous ont même pu imaginer le vase d’origine à partir des morceaux trouvés.

Quelle chance d’avoir pu découvrir par nous-mêmes les traces de nos ancêtres gallo-romains! Quand la vraie fouille sera terminée, le terrain sera photographié puis recouvert et le passé sera à nouveau invisible, mais nous aurons eu le privilège de participer à sa découverte.

Projet mené par Madame Krob et M. Neveux, professeurs de lettres classiques, en compagnie des élèves de LCA.